Avant de commencer, j'aimerais remercier une station de radio dont les scores d'audience sont inversement proportionnels au quotient intellectuel de ceux qui l'écoutent et surtout de ceux qui l'animent.
Cette station, c'est Skyrock.
Alors, si vous ne la connaissez pas encore (dans ce cas, vous ne savez pas la chance que vous avez), je vais vous la présenter brièvement et de la façon la plus objective possible.
Elle diffuse du rap depuis maintenant près de 10 ans et du « RNB » depuis la rentrée 2000.
Mais attention, pas le RNB d'Aretha Franklin ou d'Alicia Keys et ça n'a absolument rien à voir avec Motown non plus, n'allez pas chercher de ce côté-là.
En fait, il est possible que les programmateurs de Skyrock pensent que le Rythm du R de RNB se limite à une utilisation complètement abusive de boîtes à rythmes.
D'ailleurs, quand une certaine presse se met à considérer littéralement Timbaland comme le
« nouveau Quincy Jones », cela met bien en évidence le fait que nous arrivons en ce moment à l'apogée de l'hégémonie de la boîte à rythme.
Alors certes, ce cher Timbaland a trouvé un joli son de tambour et sait parfaitement exploiter ses 3 notes de synthé (qui doivent apporter le côte blues, certainement), mais de là à le considérer comme un musicien à part entière, il y a des limites.
En fait, actuellement, c'est triste à dire, mais le véritable RNB se trouve plutôt sur les stations à dominante Rock ou alors carrément sur Nostalgie.
En ce qui concerne le Rap skyrockien, il est construit sur le même modèle que ce type de RNB qu'affectionnent tant nos amis wesh wesh, à savoir, dans la majorité des cas, un connard qui débite des conneries parfois sur un sample (tout le monde n'a pas la chance d'être aussi créatif que ce genre d' « artistes »), parfois sur les fameuses boîtes à rythme.
D'ailleurs en général, si les quelques notes utilisées laissent croire à un semblant de mélodie, alors la presse généraliste s'empare sur le champ de ce qu'elle considérera comme un talent phénoménal doté d'une prodigieuse originalité.
Encore que d'un certain point de vue, ces 2 styles musicaux en possèdent une en commun : des chansons bien formatées avec un maximum de 400 mots différents et attention, ne jamais oublier d'utiliser un terme pour plusieurs idées et non pas l'inverse, autrement la chanson deviendrait inaccessible à l'auditeur skyrockien lambda et surtout une intro et un final tronçonnés de façon à réprimer toute tentation de la part du consommateur.
En effet, que se passerait-il s'il lui venait à l'idée de faire tourner la molette de son poste ou de son baladeur ?
Il pourrait très bien découvrir une nouvelle station commerciale à outrance et la préférer à Skyrock.
Et alors, là horreur, si ce consommateur est âgé d'au moins 13 ans et qu'un institut de sondage (en l'occurrence Mediamétrie) venait à l'appeler, les scores d'audience en pâtiraient sérieusement, les écrans publicitaires rapporteraient beaucoup moins, ça serait le début de la fin.
Mais au fait, pour revenir dans le vif du sujet, me direz-vous, si Skyrock ne diffuse pas de Rock, pourquoi un tel nom ?
Eh bien, tout simplement parce que ses dirigeants aux penchants légèrement fascisants n'ont pas eu le courage de prendre le risque de changer le nom de la station au moment de la disparition du Rock sur les ondes des radios à cible « jeune ».
Puisque je remercie cette fabuleuse entreprise de m'héberger sur ce qui est devenu l'un des principaux symboles de la faiblesse intellectuelle d'une partie des jeunes à la croissance quasi exponentielle et un vecteur incontournable de la connerie humaine, merci Monsieur Mitterrand, il serait tout à fait injuste de ma part de ne pas montrer ma gratitude envers un certain Difool.
Lui et ses émissions seront d'ailleurs sûrement l'objet de mon prochain poste sur whitespirit98.skyrock.com.
Allez, à plus tard pour un nouveau billet.
Whitespirit
Partisan de l'épuration éthique